L'origine

La difficulté d'être(1) compromet toujours les possibilités de s'accomplir ; de surcroit en se faisant le moins de mal possible. Mais la difficulté d'être peut engager un processus positif, celui du questionnement .

 

(1)"De tous les problèmes qui nous embrouillent, celui du destin et du libre abrite est le plus obscur. Quoi ? la chose est écrite à l'avance et nous pouvons l'écrire, nous pouvons en changer la fin ? La vérité est différente. Le temps n'est pas. Il est notre pliure. Ce que nous croyons exécuter à la suite, s'exécute d'un bloc. Le temps nous le dévide. Notre oeuvre est déjà faite. Il ne nous reste pas moins à la découvrir (...) J'étais libre. Mais je ne suis plus libre d'effacer la tache que j'ai faite. Elle est là."

Extrait de "La Difficulté d'être" de Jean Cocteau, 1947 - à propos de son oeuvre "La machine à écrire" qu'il décrivit comme un "désastre".

 

 Le poème ci-dessous (qui devait être limité en nombre de caractères afin d'être susceptible d'être affiché dans les rames du métro parisien) n'a pas été retenu. Malgré qu'il ait été signé sous mon vrai patronyme, j'en fais part ici peut être parce qu'il représente ma première contradiction, et le premier effort assez trouble, qui dévoile ma persistance à me cacher tout en désirant me dévoiler.

Cependant, décider de travailler sous un pseudonyme anglo-saxon était évident. Car, j'ai eu le sentiment immédiat d'être plus libre dans mes propos. Mais aussi d'avoir la possibilité de me tromper et d'être facilement excusée pour les erreurs commises dans une langue étrangère qui n'était pas ma langue maternelle. J'allais symboliquement vers l'"étranger". A la rencontre de l'autre au plus profond de moi. C'est peut être illusoire. Finalement, peut être une confusion de plus. Le langage visuel n'a pas d'autre langage que celui de la lumière. Pourtant, cette représentation, abstraite, lyrique, figurative... peu importe, demande toujours à être retranscrite à l'écrit par les autres. Les institutions, les galeries, les mécènes, les fondations, les demandeurs de démarche en 500 caractères maxi, police Arial taille 10.

 

C'est ça l'épouvantable. La terrible méprise de celle ou celui qui veut comprendre ce que l'artiste laisse à l'imagination.


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